« Haitians at Harvard » : la consule Vanessa Adrien plaide pour une nouvelle vision de la diaspora

Lors de son intervention, la diplomate a remercié le comité organisateur pour avoir créé cet espace remarquable où se rencontrent idées, leadership et engagement en faveur d’Haïti. Elle a souligné que la présence d’Haïtiens à l’Université Harvard constitue à la fois un privilège et une responsabilité.

« Un privilège, car cette institution incarne l’excellence, les idées et le leadership. Et une responsabilité, car lorsque nous nous réunissons dans des espaces comme celui-ci, nous ne faisons pas qu’échanger des connaissances : nous façonnons l’avenir », a-t-elle déclaré.

Organisée autour du thème « Tirer parti de l’innovation pour impacter Haïti », la journée a été l’occasion pour Vanessa Charles Adrien de mettre en lumière l’importance et l’impact des Haïtiens évoluant dans divers domaines à travers le monde, notamment la médecine, l’entrepreneuriat, la politique et les sciences.

« La diaspora haïtienne n’est pas simplement une communauté vivant à l’étranger. C’est un réseau mondial de talents, de résilience et de leadership. Et en tant que consule d’Haïti à Chicago, j’ai le privilège d’en être témoin chaque jour », a-t-elle affirmé.

Elle a rappelé que, pendant de nombreuses années, les discussions autour de la diaspora se concentraient principalement sur les transferts d’argent.

« Et oui, ces contributions sont essentielles pour les familles en Haïti. Mais la diaspora représente bien plus que des transferts financiers. Elle incarne le savoir, l’innovation et une influence mondiale », a-t-elle précisé.

Selon elle, la véritable question aujourd’hui n’est pas de savoir si la diaspora peut aider Haïti, mais plutôt de comprendre comment transformer cet extraordinaire potentiel en un impact durable.

Dans cette optique, la consule a insisté sur le rôle central de l’innovation et de la collaboration.

« L’innovation ne concerne pas uniquement la technologie. Elle consiste à repenser la manière dont nous résolvons les problèmes, à bâtir de nouveaux partenariats, à créer de nouveaux systèmes et à imaginer des possibilités qui n’existaient pas auparavant », a-t-elle expliqué, soulignant que de jeunes leaders, en Haïti comme au sein de la diaspora, s’inscrivent déjà dans cette dynamique.

Vanessa Charles Adrien a également rappelé qu’Haïti ne manque ni de talents ni d’intelligence. Selon elle, le principal défi réside dans l’absence de systèmes permettant à ce potentiel de s’épanouir pleinement.

« C’est pourquoi l’innovation est essentielle, non seulement dans la technologie, mais aussi dans l’éducation, l’entrepreneuriat et le leadership », a-t-elle soutenu.

Elle a ajouté que l’avenir d’Haïti ne sera pas construit par une seule institution, un seul gouvernement ou une seule génération, mais par une collaboration dépassant les frontières.

S’adressant aux Haïtiens présents à la conférence, la diplomate et économiste a appelé les participants à ne pas opposer engagement national et ouverture internationale.

« Vous n’avez pas à choisir entre être des citoyens du monde et être engagés envers Haïti. Vous pouvez être les deux », a-t-elle déclaré.

Elle a plaidé pour l’émergence de leaders capables de penser à l’échelle mondiale tout en restant profondément enracinés dans leurs réalités locales.

« Haïti a besoin de leaders qui ramènent les meilleures idées du monde dans leurs communautés, et qui comprennent que l’innovation n’appartient à aucun pays, mais à ceux qui osent créer », a-t-elle poursuivi.

Selon elle, le prochain chapitre de l’histoire d’Haïti sera écrit par celles et ceux qui oseront innover, collaborer et imaginer un avenir différent.

Vanessa Charles Adrien est revenue sur la portée symbolique de l’année 1804, qu’elle considère comme un repère fondamental pour la nation haïtienne. Elle a rappelé que des hommes et des femmes réduits en esclavage ont su renverser l’ordre établi et proclamer un principe universel : la liberté comme droit pour toute l’humanité.

« Si nos ancêtres ont eu le courage de conquérir leur liberté contre toute attente, alors notre génération a la responsabilité de conquérir l’avenir », a-t-elle conclu.

A lire également

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *