Un spécialiste du transport routier préconise une réforme en profondeur du secteur. M. Jacques Anderson Desroches prône la création d’un organe régulateur pouvant enclencher des réformes indispensables pour favoriser le développement économique et le progrès social.
De l’avis de ce syndicaliste, membre du conseil consultatif sur les prix de l’essence, l’organe régulateur créé en 2020 ne correspond pas aux besoins du secteur. Cette instance n’a jamais été mise en place, confie t-il appelant à la tenue d’un colloque national impliquant tous les acteurs.
Interrogé sur le rôle des entités en place M. Desroches précise qu’ils évoluent dans des champs bien définis. C’est le cas notamment pour la DGI, l’Office d’assurance véhicules contre tiers (OAVCT) et la Direction Centrale de la Police Routière (DCPR).
Il insiste sur l’urgence d’un organe régulateur pouvant s’assurer du bon fonctionnement des divers aspects du secteur du transport que sont les infrastructures routières, la disponibilité de matériels adaptés et un personnel qualifié. Le transport est l’image d’un pays, fait remarquer M. Desroches regrettant que le secteur marche à reculons depuis plusieurs décennies .
Importance d’une réforme
Le spécialiste fait valoir que l’application d’une nouvelle politique publique de transport permettra à l’État de collecter des ressources financières supplémentaires. Plus de 10 milliards de gourdes supplémentaires par an pourraient être perçus en terme de taxes sur les polices d’assurance, les permis de conduire et les renouvellements de plaques d’immatriculation.
Selon M. Desroches plus d’un million de motocyclettes pourraient permettre de collecter la moitié de ce montant. De plus il souligne que la majorité des véhicules dans les villes de province ne disposent pas de plaques d’immatriculation, de vignettes ou de police l’assurance. La nouvelle disposition permettra d’augmenter considérablement les recettes de l’État.
Le spécialiste révèle que les gangs tirent des profits énormes de ce secteur. Les chefs de gangs collectent dans les postes de péages plus de 10 milliards de gourdes chaque jour. Il cite en exemple un chauffeur qui doit verser 170 000 gourdes pour effectuer le circuit Cap Haïtien / Port-au-Prince. Considérant cette conjoncture comme insupportable M. Desroches exhorte l’État à rétablir un climat sécuritaire indispensable pour les activités économiques.
Le spécialiste note que le transport est lié à la sécurité publique et nationale.
Une modernisation est indispensable
M. Desroches fait état des diverses tentatives de l’État de s’impliquer en tant qu’opérateur qui ont été vouées à l’échec. Ce fut le cas notamment pour les compagnies Service Plus et Soni mises en branle par les présidents Aristide et Préval. Le fonds de garantie, lancé en 2019 par le président Jovenel Moise, n’a pas eu plus de réussite.
Au yeux de M. Desroches la modernisation du secteur du transport routier est indispensable. Cette modernisation, qui passe par l’acquisition de véhicules adaptés et l’implantation de garages avec des pièces de rechanges, favorisera l’expansion du secteur. Dans le même temps les recettes fiscales augmenteront de manière exponentielle. Actuellement le secteur dispose d’un parc automobile vétuste, des routes en piteux état et des conducteurs abandonnés à eux mêmes. Il recommande la professionnalisation du métier de conducteur de transport en commun. La valorisation permettra de prendre en considération le service fourni à la communauté par ces conducteurs.
Entre temps l’État doit assumer ses responsabilités et collecter des données fiables sur le nombre de motocyclettes en circulation sur le territoire national. La nonchalance des autorités est dénoncée par M. Desroches faisant valoir qu’aucun contrôle n’est réalisé sur les routes. Les conducteurs font ce qu’ils veulent. Pire l’État ne réalise plus l’inspection des véhicules. L’inspection permettait à l’État de collecter plus de 4 milliards de gourdes annuel.
LLM / radio Métropole Haïti
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