Fritz Alphonse Jean, le faux justicier

Quand il était gouverneur de la BRH, son mandat s’est résumé à une gestion sans vision, incapable de moderniser l’institution, de stabiliser l’économie ou de donner confiance aux acteurs financiers. À peine une présence administrative, sans souffle, sans innovation.

Propulsé plus tard à la tête du Conseil présidentiel de transition, beaucoup espéraient qu’il saisirait cette chance pour démontrer enfin une véritable stature d’homme d’État. Mais là encore, le constat est accablant. Diriger un Conseil, convoquer un Conseil des ministres, prendre des décisions consensuelles : tout semblait au-dessus de ses capacités. Ses collègues décrivent un homme enfermé dans son arrogance, qui confond leadership et entêtement, incapable de rallier, encore moins de construire. Organiser un Conseil des ministres – tâche basique dans tout gouvernement – devenait sous sa présidence un casse-tête permanent. Une transition déjà fragile s’est retrouvée encore plus paralysée par son manque de méthode et son absence de volonté réelle d’avancer.

Ceux qui l’ont côtoyé à cette époque parlent d’un président du Conseil isolé, méprisant ses pairs, et surtout obsédé par le pouvoir personnel plutôt que par la mission confiée. Résultat : cinq mois gaspillés, sans trace tangible dans la lutte contre l’insécurité, sans plan pour la gouvernance, sans vision pour sortir le pays du chaos.

Et voilà qu’aujourd’hui, l’ex-président du CPT tente de se donner une nouvelle importance en multipliant les attaques contre le Premier ministre. Ses lettres enflammées, où il se pose en justicier des victimes et en procureur de l’inaction, sonnent creux. Car celui qui n’a pas été capable de tenir un Conseil des ministres n’est pas crédible pour donner des leçons de gouvernance. Celui qui a échoué à fédérer autour de lui n’est pas légitime pour reprocher aux autres leur incapacité.

L’opinion publique n’est pas dupe : derrière ses discours indignés, il n’y a ni projet, ni vision, ni volonté sincère de changement. Il y a simplement un homme qui s’accroche au théâtre politique, convaincu qu’en dénonçant assez fort, il parviendra à faire oublier ses propres échecs.

Haïti a besoin de bâtisseurs, de décideurs, d’hommes et de femmes qui transforment les responsabilités en résultats. Fritz Alphonse Jean, lui, aura prouvé à deux reprises – à la Banque centrale comme au Conseil présidentiel – qu’il n’était pas de cette trempe. Un politicien de façade, dont la carrière ressemble à un long exercice d’impuissance.

A lire également

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *