Certains épisodes illustrent clairement cette ambiguïté. En janvier 2013, la ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Bernice Fidélia, avait démissionné du gouvernement dirigé par le Premier ministre Laurent Lamothe. Cette décision était intervenue une semaine après les révélations du sénateur John Joël Joseph, qui évoquait la double nationalité présumée de la ministre.
À chaque transition politique, le même scénario semble se répéter, des ministres, secrétaires d’État ou hauts fonctionnaires sont nommés sans que la question de leur nationalité ne soit clairement tranchée. Cette opacité alimente les soupçons et fragilise la crédibilité des institutions.
Le problème n’est pas seulement juridique il est aussi profondément politique et moral. Comment exiger des citoyens le respect des lois lorsque ceux qui gouvernent semblent pouvoir les contourner ? Comment invoquer la souveraineté nationale lorsque des décideurs clés entretiennent un lien juridique et politique avec un autre État ?
La double nationalité, en soi, n’est pas une faute. Elle reflète en partie l’histoire migratoire et les réalités sociales du pays. Mais son incompatibilité avec certaines fonctions publiques, telle que prévue par la Constitution, ne peut être ignorée au gré des intérêts du moment.
Au fond, cette situation révèle surtout un manque de rigueur dans la sélection des dirigeants ainsi qu’une instrumentalisation chronique des textes constitutionnels. Tant que la question de la nationalité restera un tabou ou une variable d’ajustement politique, elle continuera d’empoisonner la vie institutionnelle.
Depuis plusieurs décennies, une constante traverse les gouvernements qui se sont succédé, l’intégration récurrente, parfois assumée, souvent dissimulée, de personnalités détenant une double nationalité au sein de l’appareil étatique. Cette pratique, loin d’être marginale, est devenue presque banale, au point de vider de sa substance le débat sur le respect de la Constitution et sur la loyauté institutionnelle.
Certains épisodes illustrent clairement cette ambiguïté. En janvier 2013, la ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Bernice Fidélia, avait démissionné du gouvernement dirigé par le Premier ministre Laurent Lamothe. Cette décision était intervenue une semaine après les révélations du sénateur John Joël Joseph, qui évoquait la double nationalité présumée de la ministre.
À chaque transition politique, le même scénario semble se répéter, des ministres, secrétaires d’État ou hauts fonctionnaires sont nommés sans que la question de leur nationalité ne soit clairement tranchée. Cette opacité alimente les soupçons et fragilise la crédibilité des institutions.
Le problème n’est pas seulement juridique il est aussi profondément politique et moral. Comment exiger des citoyens le respect des lois lorsque ceux qui gouvernent semblent pouvoir les contourner ? Comment invoquer la souveraineté nationale lorsque des décideurs clés entretiennent un lien juridique et politique avec un autre État ?
La double nationalité, en soi, n’est pas une faute. Elle reflète en partie l’histoire migratoire et les réalités sociales du pays. Mais son incompatibilité avec certaines fonctions publiques, telle que prévue par la Constitution, ne peut être ignorée au gré des intérêts du moment.
Au fond, cette situation révèle surtout un manque de rigueur dans la sélection des dirigeants ainsi qu’une instrumentalisation chronique des textes constitutionnels. Tant que la question de la nationalité restera un tabou ou une variable d’ajustement politique, elle continuera d’empoisonner la vie institutionnelle.
