La situation politique demeure confuse au sommet de l’État haïtien. Le statut du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé reste incertain, sur fond de divisions internes au sein du Conseil présidentiel de transition et de prises de position contrastées de la communauté internationale.
À la mi-journée de ce vendredi, à la Villa d’Accueil, les conseillers-présidents Edgard Leblanc Fils et Leslie Voltaire ont annoncé qu’une résolution adoptée par cinq voix sur sept au sein du Conseil aurait conduit à la révocation du chef du gouvernement.
Cependant, quelques heures plus tard, Alix Didier Fils-Aimé a été aperçu à la cérémonie de graduation de la 35e promotion de la Police nationale d’Haïti, aux côtés de trois autres membres du Conseil présidentiel de transition : Emmanuel Vertilaire, Laurent Saint-Cyr et Frinel Joseph. Cette apparition publique jette le trouble sur la réalité de son éventuelle éviction et met en lumière les profondes fractures au sein de l’Exécutif.
La veille, des rumeurs persistantes faisaient état d’un possible coup de force institutionnel, à la suite de changements observés au niveau de la sécurité présidentielle et du renforcement du dispositif autour de la Villa d’Accueil, siège de la Présidence.
Appels à la retenue et soutiens internationaux divergents
Face à la montée des tensions politiques, le Royaume-Uni et l’Organisation des États américains ont appelé à la prudence, à la responsabilité et à l’unité nationale. Londres met en garde contre toute initiative susceptible de déstabiliser davantage le pays et de compromettre les efforts en cours en matière de sécurité.
De son côté, l’OEA rappelle que le mandat du Conseil présidentiel de transition arrivera à échéance le 7 février 2026 et souligne que toute décision relative à la gouvernance future relève avant tout des acteurs haïtiens. Les deux partenaires insistent sur la nécessité de prioriser la lutte contre l’insécurité, la continuité institutionnelle et l’organisation d’élections crédibles.
Parallèlement, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a réaffirmé le soutien de Washington au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Selon un communiqué du Département d’État, il s’est entretenu avec le chef du gouvernement et plaide pour son maintien en fonction, estimant qu’un leadership fort et cohérent est indispensable pour faire face à la violence des gangs armés.
Marco Rubio a également déclaré que le Conseil présidentiel de transition devrait être dissous au plus tard le 7 février, tout en mettant en garde contre les interférences d’acteurs corrompus dans le processus de transition. Les États-Unis, a-t-il précisé, entendent tenir pour responsables ceux qui soutiennent la violence et l’instabilité.
Initiatives politiques avant l’échéance du 7 février
Dans ce contexte, la structure G50 propose la désignation d’un juge issu du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire comme alternative pour assurer la transition après le 7 février prochain.
De son côté, le Rassemblement national des forces organisées annonce vouloir jouer un rôle de médiation entre les différents acteurs politiques. L’objectif affiché est de rassembler les propositions de sortie de crise et de favoriser un dialogue inclusif. Les deux formations s’accordent sur la nécessité de trouver une solution avant l’échéance constitutionnelle.
Renforcement des forces de sécurité
Sur le plan sécuritaire, 877 nouveaux policiers ont prêté serment le 23 janvier 2026, intégrant officiellement les rangs de la Police nationale d’Haïti. Ils constituent la première cohorte du programme P-4000, visant à former, de manière accélérée, plusieurs milliers d’agents afin de renforcer les capacités opérationnelles de la PNH.
La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, du coordonnateur du Conseil présidentiel de transition Laurent Saint-Cyr, du haut commandement de la PNH et de représentants du corps diplomatique, dont le chargé d’affaires américain Henry Wooster, qui a réaffirmé le soutien de Washington aux forces de l’ordre haïtiennes.
Les autorités ont tour à tour insisté sur l’importance de ce renfort dans la lutte contre l’insécurité, alors que le pays traverse l’une des périodes les plus délicates de sa transition politique.
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