Dans une analyse publiée le 5 juin 2026, Richardson Seraphin estime que les débats actuels dépassent les questions administratives et traduisent surtout une lutte d’influence entre différents acteurs politiques cherchant à peser sur l’organisation des prochaines élections.
L’auteur rappelle que la méfiance envers les institutions électorales n’est pas nouvelle. Il souligne que les controverses ayant empêché la mise en place d’un Conseil électoral permanent en 2012 contrastent avec l’acceptation, par plusieurs acteurs politiques, de la création d’un CEP issu du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Selon lui, les tensions observées aujourd’hui reflètent des rivalités liées au contrôle de l’appareil électoral plutôt qu’un véritable débat sur la tenue des élections. Il soutient que les membres du CEP devraient agir avec davantage d’indépendance et éviter de se laisser entraîner dans les affrontements entre groupes politiques ou intérêts particuliers.
Richardson Seraphin considère également que la nomination d’Uder Antoine à des fonctions de direction au sein de l’institution électorale pourrait offrir une plus grande transparence qu’un système où l’influence des secteurs représentés au CEP s’exercerait de manière moins visible.
Sur le plan institutionnel, il rappelle que depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, Haïti évolue dans un cadre politique exceptionnel marqué par des arrangements transitoires successifs. À ses yeux, les autorités actuelles tentent de maintenir le fonctionnement de l’État à travers des mécanismes provisoires, dans l’objectif d’organiser des élections et de favoriser un retour à l’ordre constitutionnel.
L’analyste conclut que le principal défi demeure la capacité des institutions de transition à conduire un processus électoral crédible, dans un contexte marqué par la crise politique, la méfiance citoyenne et la pression de la communauté internationale.
