Dossier des 25 stades : Laurent Lamothe sort de son silence

D’entrée de jeu, Laurent Lamothe précise qu’il existe une différence fondamentale entre parcs sportifs et stades sportifs. Selon lui, cette confusion entretenue dans le débat public est à la base des accusations qu’il juge infondées. Il affirme être la cible d’une campagne mensongère, qu’il attribue à une frange de la classe bourgeoise cherchant à ternir son image.

L’ancien Premier ministre rappelle que la supervision des parcs sportifs relevait du programme « Foutbòl pou chanjman », placé sous la responsabilité d’Olivier Martelly, fils de l’ancien président Michel Martelly, nommé à ce poste par ce dernier. La supervision technique des travaux était assurée par l’entreprise JJ Construction, tandis qu’un conseiller du Palais national intervenait dans le processus. Les ministères concernés, précise-t-il, jouaient essentiellement un rôle administratif.

Laurent Lamothe insiste sur le fait qu’il n’a signé aucun contrat relatif aux 25 parcs sportifs. Il soutient que tous les contrats ont été paraphés avant son arrivée à la Primature en août 2012 ou après sa démission. Il détaille ainsi la chronologie des engagements contractuels.

Le premier contrat a été signé le 12 mai 2011 pour la construction de dix parcs sportifs par Jean-Max Bellerive, alors ministre de la Planification, pour un montant de 445 000 dollars par parc. Un autre contrat a été paraphé à la même date pour un montant de 1,6 million de dollars. Le 6 septembre 2011, un troisième contrat portant sur huit parcs sportifs a été signé pour un montant global de plus de dix millions de dollars, soit plus d’un million de dollars par parc. Un quatrième contrat a été signé le 9 juillet 2012 pour la construction de cinq complexes sportifs par Josefa Raymond Gauthier, alors ministre de la Planification et de la Coopération externe, période durant laquelle Laurent Lamothe occupait le poste de ministre des Affaires étrangères.

À son arrivée à la Primature en août 2012, tous les contrats étaient déjà conclus, affirme-t-il. À son départ en décembre 2014, son gouvernement a travaillé à respecter et à exécuter les engagements contractuels existants.

Laurent Lamothe affirme également que plusieurs parcs sportifs ont été effectivement réalisés ou réhabilités. Il cite notamment ceux de Mirebalais, des Cayes parc Larco, d’Ouanaminthe parc Notre-Dame, la rénovation du parc Sainte-Thérèse à Pétion-Ville, le parc Saint-Vincent-de-Paul à Thomassin, le parc Sténio Vincent aux Gonaïves, le parc Bois-Bœuf à Jacmel, le parc Charlemagne Péralte à Hinche, le parc Gérard Christophe à Léogâne, le parc Sainte-Claire à Marchand-Dessalines, le parc Reziyen à Milot, le parc Émile Margloire à Cayes-Jacmel, ainsi que ceux de Thomonde, Grand-Rivière-du-Nord, Jérémie, Verrettes, Gressier, Saint-Louis-du-Nord et Saint-Louis-du-Sud.

Il souligne par ailleurs qu’un autre contrat a été signé le 5 juillet 2015, soit six mois après sa démission, pour l’installation de gazons synthétiques dans les parcs sportifs, pour un montant de 385 millions de gourdes.

L’ancien Premier ministre déplore le fait que les gouvernements qui se sont succédé n’ont pas assuré l’entretien de ces infrastructures sportives. À travers cette sortie médiatique, Laurent Lamothe affirme vouloir rétablir les faits, se dégager de toute responsabilité directe dans la signature des contrats et inviter l’opinion publique à examiner le dossier des 25 parcs sportifs à la lumière des éléments qu’il avance.

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