Depuis l’incident sécuritaire qui avait conduit à la suspension des vols à Port-au-Prince, notamment après que des tirs ont visé un appareil, les liaisons aériennes ont été paralysées. Mais depuis le 12 juin dernier, un accord signé entre Sunrise et le gouvernement a officiellement relancé les vols au départ de la capitale. Cette reprise, censée apporter un soulagement à une population en détresse, s’est révélée être une véritable injustice sociale.
Selon l’ancien député Jean Robert Bossé, un simple aller Port-au-Prince – Cap-Haïtien coûte aujourd’hui 505 dollars américains. Ce tarif exorbitant ne s’explique en rien, d’autant plus que les vols directs vers d’autres villes comme les Cayes sont tout bonnement inexistants. « Pourquoi ne pas avoir de liaison directe entre Port-au-Prince et Les Cayes ? », s’interroge l’ex-parlementaire, appelant la population à ouvrir les yeux sur cette dérive.
Le plus révoltant reste cependant le silence complice des autorités. L’ancienne ministre de la culture, Magali Comeau Denis, affirme que le Conseil présidentiel de transition (CPT) lui-même affrète un avion privé pour ses déplacements. Les voyages répétitifs en hélicoptère, autrefois fréquents, auraient été suspendus pour éviter d’irriter Sunrise Airways
Ainsi, pendant que le peuple peine à se déplacer à l’intérieur de son propre pays, une minorité dirigeante s’arrange pour survoler les problèmes. La population devra-t-elle prendre la situation en main elle-même ?
