À son arrivée à la tête du Fonds, Élisé Collagène affirme avoir trouvé une structure dépourvue de mécanismes internes solides. Pour y remédier, une série de réformes a été enclenchée, notamment l’élaboration d’un manuel de procédures comptables et financières destiné à encadrer les décaissements et renforcer les contrôles. Parallèlement, un projet d’arrêté a été préparé afin de clarifier l’application de la loi du 17 août 2017 ayant créé le FNE, restée jusque-là insuffisamment opérationnelle.
La gouvernance des subventions a également été revue. Désormais, les décisions ne relèvent plus uniquement de la direction générale. Elles sont soumises à un processus impliquant la direction de la planification et un comité technique chargé d’évaluer la pertinence et la conformité des demandes avec les missions du Fonds, réduisant ainsi les risques d’arbitraire et de dérives.
Sur le plan financier, le directeur général souligne une amélioration notable de la situation du FNE. D’une enveloppe initiale estimée à près de deux milliards de gourdes, largement absorbée par des dettes liées au programme de gratuité scolaire, les ressources seraient passées à environ six milliards de gourdes en janvier 2026. Cette évolution est attribuée à une discipline budgétaire accrue et à une sélection plus rigoureuse des projets financés.
Concernant l’appui direct aux familles, des milliers de demandes de subvention ont été traitées, avec une réforme du mécanisme de paiement visant plus de transparence. Les chèques sont désormais établis au nom des écoles, tout en étant remis aux parents, sous la supervision de comités de suivi.
Au-delà des réajustements administratifs et financiers, Élisé Collagène défend une nouvelle approche pour le FNE : privilégier la planification, la cohérence des interventions et l’évaluation de l’impact. Les priorités pour 2026 s’articulent autour de la construction et de la réhabilitation d’infrastructures scolaires, de l’éducation inclusive, de l’alphabétisation et du renforcement de l’accès au matériel pédagogique.
Pour le directeur général, le Fonds national de l’éducation doit devenir un instrument stratégique du développement national. « L’enjeu n’est pas seulement de financer, mais de transformer durablement le système éducatif », a-t-il insisté, appelant à une gestion fondée sur la rigueur, la transparence et la crédibilité.
