Les partis politiques en particulier et la classe politique haïtienne en général font l’objet de grandes controverses. De nombreux acteurs socioéconomiques et des spécialistes sont préoccupés par la fébrilité de ces institutions à l’approche des prochaines élections. Le professeur Victor Benoît, vieux briscard de l’échiquier politique, n’est pas convaincu que la classe politique soit prête à vivre pleinement un régime démocratique et promouvoir le développement économique.
Ayant côtoyé de nombreux dirigeants politiques et occupé deux portefeuilles ministériels, ce professeur d’université considère que la classe politique n’a pas atteint une maturité suffisante après les 4 décennies de transition politique. Toutefois il croit que de nombreuses personnalités de l’élite politique disposent de compétences pour faire fonctionner un régime démocratique. Il prône un rassemblement de toutes ces forces, qu’il juge en quantité suffisantes, pour lancer un vaste mouvement national.
40 ans de transition inachevée
La période de 40 années après la chute du régime des Duvaliers peut être considérée comme une longue traversée du désert. M. Benoît, qui avait été membre de l’opposition ayant renversé la dictature de Jean Claude Duvalier en 1986, admet que les élites politiques n’étaient pas prêtes pour prendre en main les commandes de l’État.
Il reconnaît des errements mais refuse de rejeter toute la responsabilité de l’échec sur les militants pro démocratie. À son avis les forces réactionnaires d’extrême droite ont joué un grand rôle en torpillant les efforts visant l’instauration de la démocratie.
Aujourd’hui le débat tourne autour de la viabilité de ces formations politiques. Une grande majorité de dirigeants politiques avouent que leur partis ne peuvent atteindre la barre des 30 000 membres. Grand connaisseur de la vie politique, M. Benoît confirme. Mettant en évidence la crise sécuritaire qui empêche le recrutement de nouveaux membres, le chef de file du parti social démocrate appelle à un compromis entre les acteurs impliqués dans le processus électoral.
Recherche d’un consensus national
Le professeur Benoît a été fer de lance de la formation de plusieurs partis politiques dont le CONACOM et la Fusion des Sociaux démocrates. Aujourd’hui il est le principal dirigeant du Rassemblement des Sociaux Démocrates (RSD). Membre influent de l’international socialistes, il se désole de la négativité de nombreux acteurs politiques haïtiens. Un acteur positif est celui qui œuvre dans l’intérêt de la nation.
Même s’il reste attaché à l’idéologie de la sociale démocratie, M. Benoît confie que l’axe principal de ralliement doit être l’intérêt supérieur de la nation. À cet effet la première démarche consistera à freiner la dégringolade. Il met en garde contre la nonchalance qui peut conduire à la disparition de la nation.
M. Benoît est plutôt optimiste parce qu’encouragé par la détermination et la capacité de nombreux jeunes. Il faut réaliser le processus par étape, dit-il estimant que le changement réel pourra intervenir après l’arrêt de l’hémorragie. Il envisage notamment la mise en place d’un nouveau système politique mais reconnaît que ce projet de grande envergure ne pourra pas être lancé par le gouvernement de transition.
LLM / radio Métropole Haïti
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