Le gouvernement admet une rentrée scolaire timide 

Près de deux tiers des élèves dans le département de l’Ouest n’avaient pas regagné les salles de classe au cours de la première semaine de l’année scolaire 2026-2027. Les statistiques ont été communiquées par le ministre de l’éducation, M. Vijonet Demero, qui reconnaît une faible participation des élèves dans les zones confrontées à la terreur des gangs.

Dans le département de l’Artibonite un élève sur deux n’était pas dans les établissements scolaires. Interrogé sur la stratégie du ministère face à cette crise sécuritaire le ministre a reconnu que le département de l’Ouest est difficile.  Cependant il refuse de faire une distinction entre zone de non droit et zone considérée comme sécurisée. À son avis la classification sécuritaire ne peut être appliquée à l’éducation.

Le ministère de l’éducation n’entend adopter aucune disposition spéciale ce qui reviendrait à limiter l’offre scolaire et la présence des éducateurs dans ces quartiers précaires. Le ministre réitère sa ferme détermination à respecter le droit à l’éducation des enfants se trouvant dans ces zones. Il reconnaît qu’il ne maîtrise pas les divers aspects du mécanisme qui permet aux parents dans ces zones de poursuivre la scolarisation de leur enfants. 

Ces enfants sont capables d’apprendre en dépit du statut de la zone, a t-il martelé rappelant que l’éducation à distance est utilisée pour franchir les barrières sécuritaires et socio économiques. Dans le même temps le ministre Demero fait remarquer que l’éducation ne dépend pas uniquement du ministère qu’il dirige. La quasi-totalité des instances étatiques sont concernées, dit-il évoquant notamment la sécurité publique qui dépend du ministère de la justice et le programme de cantine scolaire lié au ministère de l’agriculture.

Dans les zones sous contrôle des gangs le ministre est confiant que les enfants pourront poursuivre leur scolarisation notamment grâce à l’auto motivation des parents. C’est une vérité connue de tous: les parents haïtiens sont soucieux de l’éducation de leur enfants. Sur les 18000 établissements solaires seules 15% sont des écoles publiques. Sur une population de plus de 4 millions d’enfants scolarisés l’État n’apporte qu’une faible offre scolaire.

Subventions aux parents

Tenant compte de la précarité de nombreux parents le ministre explique que le gouvernement a apporté une assistance significative pour cette rentrée scolaire. Il y a eu des distributions d’ouvrages dans les écoles, des distributions de kits scolaires et d’uniformes. De plus les parents des écoles communales , communautaires, nationales et presbytérales ont reçu une allocation. Par ailleurs des ONG apportent une assistance à de nombreuses familles pauvres.

Rentrée scolaire réussie dans les autres régions 

Le ministre considère la rentrée scolaire comme une réussite tenant compte de la participation des élèves et des enseignants dans les départements épargnés par la violence des gangs. La participation des élèves était à 70% dans le département du Sud au cours de la première semaine. Par ailleurs le ministre assure avoir tout mis en œuvre afin de résoudre définitivement le problème des enseignants non rémunérés.

Il souligne que l’évaluation a permis de constater que 1116 enseignants ont été nommés depuis 2020. Il promet que les enseignants recevront un ajustement de salaire au cours de cette année. De plus les cartes de débit sont en phase de distribution dans plusieurs districts scolaires.

LLM / radio Métropole Haïti 

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