Depuis quelque temps, il devient nécessaire pour les hommes politiques qui procèdent à un remaniement au niveau étatique, de questionner l’existence du Ministère à la Condition féminine et aux droits des Femmes et la question de sa suppression fait surface, parfois à partir des rumeurs que je juge malsaines.
Il est malsain même de remettre en question le combat de toute une vie sans consultation aucune des parties concernées et en considérant le niveau de responsabilité de l’Etat vis-à-vis de ses engagements à l’échelle mondiale.

Doit-on obligatoirement rappeler à chaque période électorale ou de crise politique comme a précisé Simone de Beauvoir, que ce ministère est le résultat d’une entente entre la communauté internationale à travers des conventions signées/ratifiées par l’Etat haïtien, les organisations de la Société Civile et les Partis Politiques comme étant une action concrète pour l’émergence d’une société juste et égalitaire.

Trois (3) des attributions prévues dans le décret du 31 janvier 2006 portant fonctionnement et organisation du Ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes sont les suivantes :
⁃ Établir des politiques visant à combattre et à éliminer toutes formes d’inégalités et de discrimination à l’égard des femmes.
⁃ Entreprendre des actions en vue de garantir l’accès des femmes aux biens, services et leur participation économique, sociale, culturelle et politique.
⁃ Promouvoir une participation équitable des femmes à toutes les instances de décision politique, économique, financière et de communication. Je tiens à souligner que ce décret a été signé par 17 ministres dont 14 hommes.

Les questions que je me pose aujourd’hui par rapport à cette menace constante de suppression d’un tel ministère me gênent pourtant : l’État suivant le principe de continuité estime-t-il avoir déjà répondu avec brio à ces prérogatives citées plus haut ? La suppression de ce ministère serait-elle une forme de présentation d’un rapport international par l’Etat quant à sa mission d’œuvrer à l’émergence d’une société juste et égalitaire ?
Tous les autres ministères ont leur raison d’être parce qu’ils font un travail remarquable comme par exemple le ministère de l’intérieur ou de la Justice n’est-ce pas ?

Cette société où il est normal d’arrêter une femme qui se promène en mini-jupe en pleine rue, une société qui interdit l’avortement chez les femmes sans jeter un regard sur le combat mené par nos ancêtres méritantes pour résister à l’esclavage quand elles tombaient enceintes des esclavagistes, une société où le réflexe, quand une femme est victime de violence conjugale, est de se demander ce qu’elle a bien pu faire pour provoquer la colère de son partenaire, une société avec un parlement d’une seule femme au sénat et trois (3) dans la chambre des députés, où il n’y a aucune gêne à créer une structure politique de neuf (9) membres avec seulement une femme sans droit de vote. Le progrès est sarcastiquement considérable n’est-ce pas ?

Notre devise nationale est bien Liberté-Égalité-Fraternité ? La Vigilance m’oblige à vous rappeler que dans un État de Droit, ayant des hommes et des femmes responsables et dignes, la Liberté doit être pour toute personne humaine indépendamment de son sexe, tout comme l’Egalité des chances et des droits et pour ce qui est de la Fraternité, je préfère ajouter le mot Sororité pour que chacun et chacune se souviennent que la Société est composée de Femmes et d’Hommes et qu’il est possible de vivre en Frères et Sœurs.

VIGILANCE ! VIGILANCE !
MwenSeAyti.

Marquise Ferjuste, Coordonnatrice du Collectif des Femmes Universitaires Haïtiennes (COFUH)

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