En effet, il affirme que le média en ligne Ayibopost « déforme les faits, omet des éléments essentiels et présente un récit politiquement orienté ».
Le PSDH : un plan préparé sous Préval, pas sous Lamothe
La première critique de Laurent Lamothe vise la présentation du Plan stratégique de développement d’Haïti (PSDH) comme une initiative lancée sous son gouvernement et liée au financement PetroCaribe.
« Il s’agit d’une contre-vérité évidente. Le PSDH a été élaboré sous la présidence de René Préval, bien avant notre arrivée au pouvoir », affirme-t-il.
Les documents officiels consultés par Haïti24 confirment que le PSDH identifie comme sources de financement :
• la Banque mondiale,
• la Banque interaméricaine de développement (BID),
• l’ONU via le Fonds fiduciaire multi-donateurs (FFMD),
• les ONG,
• les partenariats public–privé (PPP),
• la diaspora.
Aucune mention directe de PetroCaribe n’apparaît dans ces textes. Pour M. Lamothe, cette confusion « traduit une méconnaissance du dossier ou une volonté de construire un récit précis au détriment de la vérité ».
Des omissions qualifiées de “volontaires”
L’ancien Premier ministre estime également que plusieurs éléments majeurs ont été volontairement ignorés par AyiboPost. Il cite en premier lieu l’aéroport international du Cap-Haïtien, construit et inauguré sous son administration. « Cette infrastructure stratégique reste aujourd’hui l’une des principales portes d’accès du pays. Ne pas la mentionner dans une analyse de cette période est incompréhensible », déclare-t-il.
Il rappelle également que la période 2012–2014 fut, selon lui, « l’une des plus stables et des plus sûres de ces vingt-cinq dernières années », marquée par :
• absence de gangs structurés,
• quasi-absence d’enlèvements,
• taux de change stabilisé autour de 40 gourdes pour un dollar.
Ces éléments factuels constituent, à son sens, des données essentielles « pour apprécier objectivement la gouvernance de ces années-là ».
Les “sanctions” américaines : une mesure politique, selon Lamothe
AyiboPost évoque également les sanctions américaines prises à l’encontre de l’ancien Premier ministre.
Ce dernier affirme que leur présentation est « trompeuse » et « dépourvue de fondement ».
Il rappelle que son visa américain a été révoqué en 2023, à un moment où il multipliait les interventions publiques pour défendre la mémoire du président Jovenel Moïse et appeler à la création d’un tribunal international indépendant en vue d’identifier les responsables de l’assassinat. Selon lui, cette décision aurait été prise « sans présentation de preuves, malgré les demandes répétées de mes avocats », et dans un contexte politique où « Ariel Henry bénéficiait d’un soutien diplomatique marqué ».
Quatre audits de la CSCCA et un audit du Venezuela
Laurent Lamothe rappelle par ailleurs qu’il a fait l’objet de :
• quatre audits consécutifs de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) sur sa gestion publique,
• et d’un audit du gouvernement vénézuélien, donateur des fonds PetroCaribe. Tous ces audits, affirme-t-il, « n’ont jamais identifié la moindre faute » à sa charge.
“Le journalisme exige de la rigueur”
Interrogé sur la portée de sa réponse, Laurent Lamothe affirme qu’il n’entend pas polémiquer mais « rappeler l’importance de la vérité dans une société démocratique ».
« Je les encourage à pratiquer ce noble métier, à vérifier et recouper les faits, et à éviter les dérives qui relèvent davantage de l’assassinat de caractère que du journalisme », conclut-il.
