Le secrétaire exécutif de Ensemble Contre la Corruption (ECC), Edouard Paultre, n’est pas surpris de constater qu’Haïti occupe la 171e place sur 180 pays dans le classement de l’ONG internationale Transparency International, publié le mardi 31 janvier, sur l’indice de perception de la corruption au cours de l’année 2022. Intervenant sur Magik9 le vendredi 3 février, il a noté « qu’aucun gouvernement n’a cherché de moyens pour améliorer le score ».
Le pays a régressé de 7 places dans le classement de Transparency International sur l’indice de perception de la corruption de 2022. Edouard Paultre de ECC pointe du doigt les pratiques frauduleuses au sein de l’administration publique, dénonce l’inaction de l’Etat pour y remédier. Il dit constater une « gagòt au niveau des services publics.’’
« La corruption représente une plaie pour le pays. Lorsqu’on aborde la question avec l’administration, très souvent, ils disent que les fonctionnaires, les agents publics ne gagnent pas beaucoup. Il faut cesser ces pratiques. Haïti est dans sa position actuelle, si elle fait le moindre effort possible, il pourrait gagner dix points chaque année. Si elle consent des efforts pour sortir de ce mode de gouvernance », a plaidé M. Paultre.
Le défenseur des droits humains croit que les autorités ne manifestent pas de volonté pour lutter contre la corruption dans le pays. « Nous ne faisons pas grand-chose pour lutter contre la corruption. Cependant, Haïti a pris l’engagement de garantir la transparence à travers toutes les conventions qu’elle a signées. Dans l’administration, on peut interpeller n’importe quels ordonnateurs sur les dépenses effectuées. À un deuxième niveau, la redevabilité. La reddition des comptes. La personne ayant ordonné la dépense doit détenir un pouvoir de l’Etat, mais elle doit se soumettre à d’autres instances qui ont autant de pouvoir que lui. Mais en Haïti nous donnons aux personnes le pouvoir de dépenser sans un pouvoir de contrôle sur les dépenses », a dénoncé Edouard Paultre.
Très souvent, le contrôle des dépenses n’est pas fait de façon continue et systématique, regrette M. Paultre. « Le système check and balance n’est pas en marche dans le pays. Ce qui permet à de gros poissons de s’échapper du filet », a-t-il dénoncé en notant des efforts déployés par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif. Toutefois, les suivis au niveau de la justice peine à suivre. M. Paultre invite le gouvernement à passer l’action pour freiner la corruption. Selon lui, la première chose à faire est de garantir la transparence, favoriser le contrôle et le libre accès à l’information.
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