Les principales attributions du collège présidentiel consistaient à nommer un Premier ministre et un gouvernement inclusif, à rétablir l’ordre public et la sécurité, notamment en facilitant le déploiement de la mission multinationale, et à organiser des élections libres, crédibles et transparentes. Ces objectifs, clairement définis, constituaient la raison d’être du CPT.
Le Conseil de transition a été mis en place après l’annonce, par plusieurs dirigeants de la région caribéenne, de leur volonté de contribuer à la formation d’un organe composé de neuf membres, dont sept disposaient du droit de vote, dans le but d’assurer une gouvernance provisoire et consensuelle.
Pourtant, à quelques jours de l’expiration de son mandat, après plus d’une année marquée par l’absence de résultats concrets, le CPT semble vouloir s’accrocher au pouvoir au-delà du 7 février, date pourtant clairement fixée par le décret du 12 avril 2024. Plus préoccupant encore, cette volonté s’accompagne d’une tentative de former un nouveau gouvernement, alors qu’il ne reste qu’une dizaine de jours avant la fin officielle de la transition.
À un moment aussi proche de l’échéance, la priorité aurait dû être de poursuivre et soutenir les efforts de lutte contre les gangs, menés par la Police Nationale d’Haïti (PNH), la force multinationale et la Task Force, tout en veillant à prévenir un vide institutionnel après le 7 février. Engager des démarches politiques lourdes, telles que la révocation ou la formation d’un nouveau gouvernement, processus souvent long et conflictuel au sein du CPT, apparaît non seulement inopportun, mais irresponsable.
L’ensemble de cette séquence révèle, une fois de plus, que l’intérêt supérieur du peuple haïtien semble relégué au second plan par les Conseillers-présidents.
