Les tarifs douaniers de Trump poussent la Chine à réformer son modèle économique

Les tarifs douaniers de Trump poussent la Chine à réformer son modèle économique


Donald Trump va-t-il forcer la Chine à changer son fusil d’épaule ? Les récents discours des hauts dignitaires chinois semblent en tout cas manifester une volonté d’inflexion de la politique économique du pays, selon Bloomberg. Le Premier ministre, Li Qiang, a par exemple évoqué au palais de l’Assemblée du peuple la priorité absolue du gouvernement en 2025 : « stimuler vigoureusement la consommation », dans l’objectif d’atteindre les 5 % de croissance, le même que les deux dernières années.

Une nouveauté, alors que le modèle chinois était, jusqu’ici, davantage centré sur les investissements et donc sur la demande extérieure. Ce modèle basé sur la consommation est une « décision stratégique » et non une « mesure opportuniste », a tenté de se défendre Xi Jinping, le président chinois. Par cette déclaration, il cherche à dissocier ce changement de cap de la décision de Donald Trump d’augmenter les tarifs douaniers sur les produits chinois, une mesure à laquelle la Chine a déjà réagi.

À LIRE AUSSI Les conséquences inattendues de la guerre commerciale de Trump « Stimuler la consommation permet à Pékin de réduire sa dépendance économique à la demande extérieure dans un contexte d’incertitude géopolitique croissante depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche », a déclaré Neil Thomas, chercheur en politique chinoise au Center for China Analysis de l’Asia Society Policy Institute.

Le tournant vers la consommation, un impératif ?

La Chine n’est cependant pas prête à complètement renoncer à ses investissements dans l’innovation technologique et industrielle, notamment dans la biofabrication, la technologie quantique, l’intelligence artificielle incarnée et la technologie 6G. Mais l’abandon, en partie, de cette politique, ne se ferait pas sans conséquences, tant elle constitue une part non négligeable de l’économie chinoise.

L’investissement représente environ 40 % de son économie, deux fois plus qu’aux États-Unis et bien au-dessus du reste du monde. À l’inverse, la consommation représente environ 40 % du PIB, beaucoup moins que dans des économies de pays développés, où elle peut se situer entre 50 et 70 %. Bloomberg précise cependant que le tournant vers la consommation se prépare depuis longtemps, avant même que Trump ne remporte un second mandat, notamment depuis la crise financière de 2008.

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De surcroît, la Chine est embourbée dans une spirale budgétaire qui s’aggrave : les gouvernements locaux endettés ont du mal à la fois à générer des revenus provenant des ventes de terrains et à trouver des projets d’investissement offrant des rendements décents, tandis que les consommateurs se sentent plus pauvres alors que les salaires stagnent et que la valeur des biens immobiliers chute.

Le tournant vers la consommation semble donc un impératif. Le membre du Parti communiste chinois Li Zhanguo a admis que « les États-Unis auront certainement un impact sur la Chine. Mais plus ils nous oppriment, plus cela stimulera notre vitalité et plus nous deviendrons innovants », a-t-il rétorqué. Un nouveau bras de fer va-t-il s’engager ?


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