ONU : Laurent Saint-Cyr appelle à une mobilisation internationale face à la crise haïtienne

« Mesdames et Messieurs, à seulement quatre heures d’ici, une tragédie humaine se déroule, l’une des plus graves de notre hémisphère. Chaque jour, des vies innocentes sont fauchées par les balles, le feu et la peur. Des quartiers entiers disparaissent, forçant plus d’un million de personnes à l’exil et réduisant à néant les investissements dans les infrastructures. Des milliers d’enfants sont privés de leur droit fondamental à l’éducation. Des milliers de jeunes sont condamnés au désespoir. Des centaines de femmes et de filles, violées, portent à jamais la marque de la violence dans leur chair et leur âme. Près de la moitié de la population est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë », a déclaré Laurent Saint-Cyr.

« Voici le visage d’Haïti aujourd’hui, un pays en guerre. Une tragédie humaine aux portes de l’Amérique… une guerre entre des criminels qui veulent imposer la violence comme ordre social et une population désarmée qui lutte pour la dignité humaine et la liberté. »

Le Président du Conseil Présidentiel de Transition a rappelé que les Haïtiens aspirent avant tout à la paix. « C’est le besoin le plus urgent des 12 millions d’habitants du pays, piégés par des groupes criminels armés qui provoquent des déplacements massifs et une famine sans précédent. L’escalade de la violence a déjà causé plus de 3 000 morts cette année », a-t-il souligné.

« Chaque minute perdue signifie des vies humaines sacrifiées et une érosion de la démocratie », a-t-il insisté. « Haïti veut la paix. Haïti attend la paix. Haïti a droit à la paix. »

Laurent Saint-Cyr a reconnu qu’Haïti ne pourra pas surmonter seule cette crise. Il a rappelé que la nouvelle Force de répression des gangs, approuvée par le gouvernement haïtien, reste insuffisante face à la gravité de la situation. Les efforts actuels, a-t-il expliqué, sont limités par un manque de financement, d’équipements et de personnel, laissant jusqu’à 90 % de la capitale, Port-au-Prince, sous le contrôle des groupes armés, qui s’étendent désormais vers le nord.

« Haïti a besoin d’une force robuste, dotée d’un mandat clair, de moyens logistiques et financiers adéquats », a-t-il plaidé. Il a également insisté sur la nécessité d’une coopération internationale accrue, axée sur le partage de renseignements et un meilleur contrôle des frontières, afin d’endiguer le flux d’armes, de drogues et d’argent alimentant les gangs. Selon lui, « Haïti se trouve à l’épicentre d’une menace régionale sans précédent ».

En conclusion, Laurent Saint-Cyr a lancé un appel solennel : « Ensemble, nous pouvons et devons résoudre cette crise qui dure depuis trop longtemps. Douze millions de femmes, d’hommes et d’enfants attendent cela de nous. »

Il a enfin réaffirmé la volonté de l’État d’organiser des élections crédibles, sans toutefois en préciser l’échéance, rappelant que « le plus grand défi reste de rétablir la sécurité ».

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