Le prélèvement de 1,50 dollar sur les transferts de la diaspora était dénoncé avec virulence. Mobilisations, déclarations enflammées, indignation érigée en principe : tout concourait à en faire un symbole de contestation. Pourtant, aujourd’hui, ce même dossier ne suscite presque plus aucune réaction, alors qu’il reste d’actualité.
La reconstitution des Forces armées avait également cristallisé les critiques. Présentée comme une dérive, elle faisait l’objet d’attaques répétées. Or, face à la dégradation sécuritaire, cette institution, malgré ses limites, est désormais tolérée, voire acceptée.
Même silence autour de la carte d’identification nationale, baptisée « Dermalog ». Elle avait suscité une vague de critiques particulièrement virulentes sous la présidence de Jovenel Moïse. Présentée comme un outil opaque, un risque pour les libertés individuelles ou encore un symbole de mauvaise gouvernance, elle était au cœur d’une contestation bruyante et persistante. Aujourd’hui pourtant, ce dossier semble s’être volatilisé du débat public.
Concernant la décision de remettre les transferts en gourdes, le tollé avait été immédiat et particulièrement virulent. L’opposition dénonçait une atteinte grave au pouvoir d’achat des familles, une mesure pénalisant directement les plus vulnérables et un abus imputé au sommet de l’État. Le débat était intense, les accusations constantes, et la question érigée en symbole d’une gouvernance décriée. Pourtant, aujourd’hui, alors que la disposition reste globalement inchangée dans ses effets, le silence domine.
L’opposition ne semble pas avoir mené un combat de fond contre des politiques publiques, mais plutôt une lutte ciblée contre un individu. Il s’agissait d’un lynchage intéressé, dicté par des calculs politiques. Une opposition crédible ne varie pas au gré des circonstances : elle défend des principes, indépendamment des personnes au pouvoir. À défaut, elle se discrédite elle-même et affaiblit durablement la confiance citoyenne.
