Car l’ancien sénateur n’a rien d’un outsider. Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, son ombre a plané, directement ou par personnes interposées, sur presque tous les gouvernements de transition. Ministre ici, influence là, relais ailleurs, Moïse Jean Charles a su tirer profit de l’instabilité politique chronique pour maintenir son parti dans les cercles du pouvoir, loin des discours populistes qu’il sert aujourd’hui à la foule.
Son Pitit Dessalines est depuis plusieurs mois a la tête du ministère de l’Agriculture. Plusieurs sources évoquent une gestion opaque, notamment autour du commerce de l’anguille, où des autorisations d’exportation auraient été octroyées à des prix jugés exorbitants. Une manne financière qui, selon ces mêmes sources, aurait largement bénéficié à des intérêts proches du parti.
Aujourd’hui que cette rente politique semble s’évanouir, Moïse Jean Charles change de registre. Il appelle à la mobilisation populaire, encourage la rue, attise les colères. Non pas, pour défendre un projet national cohérent, mais pour préserver des intérêts personnels menacés par la nouvelle configuration du pouvoir.
