Élections : le CEP mobilise le Sud, mais qu’en est-il de Carrefour, Martissant, Croix-des-Bouquets, Bas-Artibonite… ?

Comment parler d’élections inclusives lorsque des centaines de milliers d’Haïtiens vivant à Carrefour, à Croix-des-Bouquets, à Martissant, à Grand-Ravine, à Cité Soleil, à Bas-Delmas, à Gressier, à Mirebalais et dans plusieurs autres zones n’ont toujours pas les conditions minimales pour circuler librement, encore moins pour accomplir des démarches électorales ?

L’organisation d’un scrutin crédible ne peut se limiter aux régions relativement accessibles. Une élection nationale exige que chaque citoyen, où qu’il vive, puisse exercer son droit de vote sans peur, sans déplacement forcé et sans exclusion de fait. Or, aujourd’hui, de vastes portions du territoire échappent encore au contrôle de l’État.

Le CEP a donc le devoir d’expliquer sa stratégie pour ces zones. Comment compte-t-il enregistrer les électeurs déplacés ? Quelles mesures seront mises en place pour garantir leur sécurité et leur participation ? Sans réponses concrètes à ces questions, les appels à l’inscription risquent d’être perçus comme une démarche à deux vitesses, voir même de la démagogie.

La démocratie ne peut être sélective. Tant que les habitants des territoires les plus durement touchés par la violence resteront exclus du processus électoral, il sera difficile de convaincre que les prochaines élections représenteront véritablement l’ensemble du peuple haïtien.

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