Dans une note adressée au Ministère des Affaires Étrangères, le Diplomate affirme avoir agi dans le strict respect des règles de gestion des finances publiques et des principes de bonne gouvernance.
Selon ce document, le Conseiller-Président Emmanuel Vertilaire aurait contacté le Consul le dimanche 15 décembre 2025 pour l’informer de l’arrivée de sa famille à la frontière haïtiano-dominicaine, en direction de Santiago. Il lui a demandé de se rendre personnellement à la frontière pour les accueillir, précisant que les voyageurs ne disposaient que d’un sauf-conduit et d’un passeport diplomatique matériellement indisponible.
« Conformément à cette instruction, et dans un esprit de loyauté et de respect hiérarchique, j’ai suspendu toutes mes activités en cours afin de me rendre personnellement à la frontière de Dajabón », écrit le consul Cherenfant, indiquant vouloir accomplir les formalités migratoires dans les délais réglementaires, avant la fermeture des services compétents.
Cependant, la famille serait arrivée plus tard que prévu, sans contact préalable avec le consul. «Compte tenu de l’heure tardive et de l’impossibilité matérielle de finaliser les formalités migratoires le jour même, j’ai pris la responsabilité, dans un souci de protection et de sécurité, de faciliter leur entrée par la zone de CODEVI et d’assurer, à mes frais, un hébergement hôtelier pour la nuit, dans l’attente du lendemain matin », explique-t-il dans la note.
Toujours selon ce document, les formalités migratoires auraient été régulièrement accomplies le lendemain, avant le départ de la famille pour Santiago. Le Consul affirme avoir veillé à leur sécurité et à leur bien-être, se présentant aux différents points de contrôle afin d’éviter toute situation jugée délicate ou inappropriée.
Arrivé à Santiago, le Diplomate indique avoir accompagné la famille à la visite d’une résidence qu’elle aurait appréciée et choisie. Il affirme également leur avoir fait livrer de la nourriture avant de se rendre à son bureau pour une réunion liée à l’enquête sur l’assassinat de la fillette Sephora Anne Mircie Joseph.
Le lendemain, le Consul dit avoir mis le chauffeur du consulat à la disposition de la famille pour leurs déplacements. C’est à ce moment-là, selon lui, qu’il aurait appris la demande de location de quatre chambres dans un hôtel de catégorie Marriott, ainsi que l’utilisation de fonds du consulat à des fins personnelles, notamment pour des activités de magasinage.
Face à cette requête, Stephen Junior Cherenfant affirme avoir opposé un refus catégorique, invoquant les règles de gestion des finances publiques et les principes de bonne gouvernance.
Selon les informations, ce refus aurait entraîné des représailles, le Conseiller-Président Emmanuel Vertilaire ayant exigé son rappel du poste.
Jusqu’à présent, le Ministère des Affaires Étrangères et le Conseiller-Président Emmanuel Vertilaire n’ont pas officiellement réagi à ces allégations. À noter que ce dernier est déjà inculpé pour corruption dans le dossier de la Banque nationale de crédit (BNC).
